9 Juil
2018

Praticiens Hospitaliers d’Edouard Toulouse en grève le 9 juillet 2018! Pourquoi ?

Chronique de la violence gestionnaire à l’hôpital.

La communauté médicale du Centre Hospitalier Edouard Toulouse, en grève ce jour, alerte sur la dégradation des conditions d’accueil des patients aux urgences psychiatriques de l’hôpital Nord de Marseille.

Petit historique : en 2011, les internes de garde au CAP72 (urgences psychiatriques de l’hôpital Nord) seuls face à des gardes difficiles et épuisantes, avaient sollicité une séniorisation (l’aide d’un psychiatre expérimenté sur place).

Les psychiatres du Centre Hospitalier Edouard Toulouse animés par l’intérêt des patients et dans la mise en pratique de la politique de secteur (garantissant des soins spécialisés de proximité) ont proposé de participer à cette séniorisation au départ à 50% avec les médecins psychiatres de l’APHM (Assistance Publique Hôpitaux de Marseille), et se sont rapidement retrouvés seuls à effectuer cette séniorisation.

La convention signée par l’Hôpital Edouard Toulouse et l’AP-HM stipulait la présence impérative et constante de l’interne de l’AP-HM. L’ouverture d’une structure UHSA (hôpital prison) de l’AP-HM devait bénéficier d’une ligne de garde d’interne budgétisée.

Or, au premier juillet 2018 l’AP-HM et l’ARS imposent à l’interne de garde aux urgences psychiatriques de se déplacer à l’UHSA toute affaire cessante et supprime ainsi la présence permanente de ce même interne dans les urgences psychiatriques de l’hôpital Nord.

De fait le temps médical dédié au travail des urgences psychiatriques à l’hôpital Nord se trouve diminué. Le travail clinique est désorganisé, les conditions d’accueil des patients en crise déjà dégradées sont aggravées avec augmentation du temps d’attente, facteur de violence et d’agressivités potentielles dans le service d’urgence. Priorité est donc donnée aux appels à l’UHSA par rapport aux urgences psychiatriques.

Des rencontres à ce sujet avaient été organisés par l’ARS, et le CHET avait mis en avant la dangerosité de cette nouvelle organisation. L’ARS a suivi les positions de l’AP-HM et a imposé la mise en place de ce dispositif.

Les premiers retours du terrain confirment toutes les alertes du CHET et la gestion des urgences psychiatriques incombe de fait aux psychiatres du CHET dans des conditions d’exercice périlleuses démultipliant les situations de risque (médicolégal, institutionnel et thérapeutique).

Devant l’impossibilité d’être entendus, les psychiatres du CHET alertent les autorités de tutelle et la population dont ils attendent un soutien. La grève de ce jour est un premier signal de colère face au non-respect des engagements pris par l’AP-HM.

Dans l’immédiat, nous exigeons la présence constante de l’interne aux urgences psychiatriques de l’hôpital Nord comme cela est prévu par la convention et la résolution par l’AP-HM de ses propres problèmes de garde.

 

Biologistes, médecins généralistes, pharmaciens, psychiatres en grève.

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