L’art mis au pilorie par l’Etat à Billère (64) : « la fresque des expulsés » va se multiplier avant sa destruction !

Avant de disparaître, la fresque des expulsés va être reproduite, dupliquée pour rester le symbole d’une forme de résistance citoyenne.Photo Pyrénées Presse

Près de trois cents personnes, dont de nombreux élus et les représentants de 22 associations, se sont rendues samedi matin devant la fresque des expulsés à Billère. Ce rendez-vous initié par les élus de la majorité municipale intervenait après 16 mois de conflit avec le préfet des Pyrénées-Atlantiques (64) qui exigeait l’effacement de cette fresque.

Inaugurée le 5 septembre 2009 à la suite de l’arrestation et de l’expulsion de plusieurs familles étrangères, cette fresque réalisée par le studio Tricolore sur un mur d’une salle communale en plein centre de Billère, rappelait à qui voulait le savoir que chaque jour des familles, des enfants étaient expulsés au mépris des valeurs de la République. Le maire de Billère, Jean-Yves Lalanne, rappelait samedi que « ce mur symbolisait les actes solidaires et généreux de citoyens contre un gouvernement autoritaire.Le préfet Rey est parti et la fresque est toujours là » triomphait-il.

Si après 16 mois de combat judiciaire, la fresque doit désormais être effacée, elle sera reproduite et diffusée sur tous supports. Déjà, les militants du Réseau Éducation sans frontières (RESF) vendaient samedi des t-shirts à l’effigie de la fresque tandis que les compagnons d’Emmaüs vont la reproduire à Lescar juste en face du péage autoroutier.

Jean-Jacques Lemasson pour RESF soulignait lui aussi le « témoignage fort que représentait cette fresque contre les expulsions » avant de citer des témoignages de salariés de la Cimade dans les centres de rétention. La députée-maire de Pau, Martine Lignières-Cassou, appelait tous les maires du Béarn à afficher et faire tourner la reproduction de la fresque.« Contre la froide logique du chiffre, nous devons garder notre capacité d’indignation et le refus de ces pratiques » affirmait la députée-maire en rappelant que comme pour les deux jeunes Comoriennes, Sitti et Liouize, « le devoir de résistance et d’humanité » pouvait payer.

Image à reproduire :

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