Des dizaines de milliers de manifestants contre les violences faites aux femmes

Selon un décompte du cabinet indépendant Occurence, 49 000 personnes ont manifesté samedi à Paris, et des milliers d’autres dans toute la France contre les féminicides.

Qu’est-ce qu’un féminicide : définition et origines

De quoi le féminicide est-il le nom ? S’il figure dans le code pénal d’une dizaine de pays latino-américains, ainsi qu’en Espagne ou en Italie, juridiquement, il n’existe pas en France. Son inscription dans les lois compte parmi les demandes faites par des associations et collectifs féministes qui cherchent à mettre les autorités face à la réalité d’un fléau : une femme meurt sous les coups d’un conjoint ou ex-compagnon tous les deux jours et demi.

La première occurrence du terme féminicide remonte au XIXè siècle. Mais comme le rappelle l’écrivaine Valéry Rey Robert, autrice d’un long article sur le sujet sur son blog Crêpe Georgette, c’est le terme « feminicide » qui est utilisé à la fin du XXè siècle par la sociologue Diana E. H. Russell,qui le prononce pour la première fois en 1976. Il faut attendre 1992 pour voir le terme consacré grâce au livre fondateur Femicide: the Politics of Woman Killing, signé de la même sociologue sud-africaine aux côtés d’une autre sociologue, britannique, Jill Radford.

Le féminicide – ou fémicide – « concerne entre autres la lapidation des femmes, ce qu’on appelle des crimes d’honneur, le fait de tuer sa femme parce qu’elle veut partir/a souri au voisin/s’habille trop court/et toute autre excellente raison trouvées pour explique le meuretre de sa femme car elle ne s’est pas comportée comme la société sexiste le lui a enseigné », ajoute l’écrivaine, citant plusieurs exemples de fémicides de masse, comme en Chine où beaucoup de nouvelles-nées sont tuées à la naissance à cause de la politique de l’enfant unique.

Il existe aussi des « féminicides liés à la dot », comme en Inde par exemple. De jeunes mariées sont tuées par des membres de leur belle-famille en raison d’une dot insuffisante. Une Indienne est assassinée pour cette raison toutes les heures.

« Lorsqu’un cambrioleur tue une bijoutière qui refuse de lui ouvrir les coffres, les raisons ne sont pas les mêmes que lorsqu’un homme tue sa femme parce qu’elle veut le quitter. Tous les meurtres de femmes ne sont donc pas des féminicides, précise Valéry Rey-Robert. Encore une fois, il ne s’agit pas de dire qu’un meurtre crapuleux est moins grave ou que le meurtre d’une femme est plus grave que celui d’un homme, mais de bien nommer les actes pour lutter efficacement contre ». 

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