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(2) Etat Généraux du Progrès Social: contribution sur la définition du service public

(2) Etat Généraux du Progrès Social: contribution sur la définition du service public

Bernard LAMIZET

QU’EST-CE QUE LE SERVICE PUBLIC ?

 Le service public désigne l’ensemble des organisations, des institutions et des salariés dont l’activité n’est pas destinée à réaliser des profits, mais à faire vivre la société et à améliorer l’environnement et le mode de vie des habitants d’un pays. Le service public, c’est la res publica, la République, faite par tous au service de tous.

Fondé sur une autre logique que celles du commerce et du profit, le service public est au service du public, c’est-à-dire du peuple (public et peuple viennent de la même racine latine que l’espagnol pueblo, l’anglais people et l’italien popolo, le latin populus. Le public, c’est ce qui est à tout le monde, sans inégalités ni discriminations, et il est fondé sur l’égalité et la solidarité. Mais, si on l’appelle service public, c’est que, précisément, le domaine du service public n’est pas un simple ensemble de salariés et de métiers, mais il n’est pas au service d’un employeur privé qui le rémunère, mais au service de la société toute entière. En ce sens, les salariés du service public sont leurs propres employeurs.

Le service public est un ensemble d’institutions, c’est-à-dire d’acteurs politiques. L’activité du service public est toujours politique, elle engage l’État dans l’ensemble des domaines et des métiers de l’économie politique, ce qui donne à ses acteurs une responsabilité particulière vis-à-vis de la société qui les emploie. La dimension institutionnelle du service public est représentée par l’État, à tous les échelons : la nation, la région, le département, la ville. Ce que le communisme désigne comme son idéal, c’est-à-dire la disparition de l’État vise la disparition de la conception libérale de l’État. En revanche, le communisme vise à construire un État qui soit réellement l’instrument du progrès social et de la construction d’une société plus juste.

Le service public et l’État, enfin, constituent ce qui exprime l’identité politique d’un peuple et d’une société. Dans l’espace de l’économie politique, le service public fonde son identité sur ce qui le distingue du secteur privé, fondé sur la logique libérale des entreprises et soumis aux lois et aux normes du marché, et sur ce que l’on appelle le « tiers secteur », les associations, qui ne s’inscrivent pas dans la logique du service public mais cherchent à exprimer dans l’espace social l’engagement de leurs adhérents et de leurs militants. Ce qui définit le service public dans le champ économique, en-dehors du fait qu’il ne vise pas le profit, c’est le fait que ceux qui y travaillent ont un statut d’agents publics, que l’on appelle, en France, la fonction publique ou, en Grande-Bretagne, civil service. C’est tout l’enjeu de la confrontation contemporaine entre le service public et les entreprises libérales gouvernées par les lois du marché : les politiques libérales cherchent par tous les moyens à affaiblir le service public et à réduire sa place dans l’économie et dans la société. C’est pourquoi il y a une véritable urgence à défendre le service public et à en garantir la place dans la société. La défense et le développement du service public jouent un rôle majeur dans la lutte contre les inégalités et pour le progrès social.

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